Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

30.3.16

PUBLICITÉ BLOQUÉE
LANGAGE DÉBLOQUÉ



Le 1er octobre 1968, les enfants du mois de mai essuyaient un sévère revers avec l'introduction du premier spot publicitaire à la télévision nationale*. Depuis, cette publicité a envahi nos vies et les écrans qui se substituent à nos vies. Au Midem le 20 janvier 2007, le néfaste Attali avait "prédit la généralisation de la gratuité dans la musique, son financement par la publicité". Entraver même modestement cette publicité est devenu moralement répréhensible (voir ci-dessous). Elle est l'équilibre macabre de la délégation de nos vies par les écrans, transformées en illusion.


* Par la société Publicis, groupe publicitaire (l'un des trois principaux groupes de communication au monde) également spécialisé dans le consulting d'hommes politiques et de leur cabinet - récemment ceux de Matignon sous la direction de François Fillon puis de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls par exemple.

28.3.16

LA PISTE DE JIM HARRISON

 C'est parce que Jim Harrison tomba amoureux d'une photographie de Guy Le Querrec prise pendant le Big Foot Ride de 1990 dans les réserves lakotas du Dakota du Sud, et accepta de faire la préface d'un recueil de ces images, que l'édition de ce qui est souvent considéré comme le plus beau livre du photographe fut possible chez Textuel. Cet écrivain capital, épicurien, anti bourgeois, à la vive sensibilité pour décrire la nature autant que la nature humaine, vient de nous quitter à 78 ans. 

Guy le Querrec : Sur la piste de Big Foot - préface Jim Harrison, texte Jean Rochard (éditions Textuel 2001)

19.3.16

BASS COX DRUMS WILLIAMS

Hier soir à la Walker-West Music Academy (St Paul Minnesota), une école fondée en 1988 par Carl Walker et Grant West, retrouvailles entre Anthony Cox et Stokley Williams lors du concert Stokley Williams and friends.

Souvenir aussi des deux hommes lors de l'incroyable concert à la Black Dog Block Party contre la RNC en 2008 dans un éphémère et impromptu mais brûlant groupe réunit par Anthony Cox avec Stokley Williams, Bill Mike, Peter Schimke et Carnage the Executioner. 


Photo : B. Zon

11.3.16

WHEEPING GUITARS


Il n'y a pas que les producteurs qui disparaissent, les correcteurs aussi. Dans l'édition de Direct matin du 10 mars, Ringo Starr joue de la guitare. D'ailleurs, contrairement à moult articles et déclarations de radio qui affirment que George Martin a recruté Ringo Starr, ce sont les Beatles eux-mêmes qui ont viré - sous pression certes - Pete Best pour le remplacer par Ringo qu'ils connaissaient (il avait déjà remplacé Pete Best une paire de fois). George Martin n'aimait pas Pete Best, mais guère plus Ringo Starr qu'il s'empressa, sans avis, de remplacer par le batteur de studio Andy White pour la première séance des Beatles. Ringo, qui ne figurera que sur la photo du 45t "Love me do" - en gardera quelque amertume.

9.3.16

RAINBOW WARRIORS

À l'arrivée de la manifestation - que l'on espère début d'une grande histoire - place de la Nation à Paris ce 9 mars : un magnifique arc en ciel pour célébrer cet éveil de nos dignités.

Photo : Z. Ulma

7.3.16

L'HONNEUR EN RAFALE

Le premier ministre de la France nous a dit que "vouloir comprendre c'était excuser". En ce qui concerne la remise de la légion d'honneur par le Président de la République du même pays au ministre de l'intérieur d'un état criminel, on a déjà compris et c'est sans excuses... Dans le classement des 1810 milliardaires terrestres, Serge Dassault a gagné 6 places et se hisse au 56ème rang. "Ils sont beaux mes Rafales, ils sont beaux" ...

5.3.16

27 FÉVRIER : LA BONNE ALLURE
DE NOTRE-DAME-DES-LANDES

L'imagination est un sens cardinal, une indication d'avenir. L'imagination sauve, elle transforme les rêves, elle réalise l'imminence, sublime la révolte et libère l'éphémère. L'imagination habite dans tous les lieux où on l'invite pour des lendemains meilleurs et immédiats, pour un présent complice d'un avenir vivant. Elle ne craint pas les relations complexes, tendues, mais toujours profondément humaines. L'imagination habite aussi (à) Notre-Dame-des-Landes, elle n'habite pas au (le) gouvernement. On ne saurait la confondre avec de calamiteuses trouvailles sans nœuds ni quête : un référendum à propos du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes par exemple ; un référendum issu d'officines à la soumission pathétique, hôtels de passe-passe aux mensonges dépourvus de gaieté. Faux-semblant de misère conceptuelle, ce dernier gadget n'a plus aucun rapport, ni avec le sujet, ni avec les circonstances. Seule la promesse d'hypothétiques emplois dépassés par les événements est censée encore peser dans la balance démocratique. Rance ! Aujourd'hui tout est su, tout ! L'inutilité nuisible de l'impossible édifice n'est plus à prouver. 

Le 27 février à Notre-Dame-des-Landes, entre Calais et Barjac, plus encore que le formidable 9 janvier à Nantes, une foule de gens d'une merveilleuse diversité que l'Etat ne sait compter avait répondu à l'appel. Marcher, franchir, cheminer, progresser vers la révolte fertile, l'active contradiction, la vie dansée, contre un monde de Moloch qui sacrifie l'enfance véritable, qui tarit les sources. Question de culture. Sans prendre le plus court chemin, ce mouvement, cette commune, cherche, dessine d'autres désirs, d'autres choix que de courir à la perte. Ils sont ici révélés par toutes sortes d'ébauches à enrichir sans cesse. Non au suicide, non au cynisme, oui à l'accueil, au partage et à l'exposé de nos différences.

Ce que nous avons pu voir, ce que nous avons pu vivre, le 27 février entre le goudron de la route et les bordures encore sauvages d'une terre aussi amicale qu'indocile, c'était bien les traces de passage d'humains véritables, imaginatifs, dessinant quelques arpents d'un avenir possible. Zad partout !

Photo : Val K (qui n'est pas là par hasard)