Enfants d'Espagne

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4.11.10

JAZZ SUR LE VIF
L'INVITATION DE XAVIER PREVOST















Xavier Prevost, monsieur Jazz à Radio France, y a pensé… ils ne sont pas nombreux. Ça fait chaud ! Comment peut-on avoir oublié un musicien de l’importance de Beb Guérin ? Ou plutôt pourquoi néglige-t-on (ou préfère-t-on négliger) le souvenir de musiciens qui, s’ils ne furent pas les inventeurs d’un style ou d’un type de figuration, contribuèrent en essentiels catalyseurs, dynamiteurs, au devenir réel de la musique. Là comme ailleurs, l’histoire véritable n’est pas celle de héros statufiés, mais bien de personnages littéralement engagés. Beb Guérin en est l’exemple fort, musicien essentiel au développement de la musique en France lors des décennies 60-70.

Un soir de 1979 à la salle des fêtes de Montreuil, le contrebassiste était resté sur scène, après le « spectacle » (un tant soit peu disons … malaisé (ou malaisant) ce jour-là), avec son instrument pour longuement jouer seul s’adressant aux spectateurs ne souhaitant pas partir (un très bel acte), en parlant de conscience, du sens de la musique, de ce qu’on croyait entendre, de ce qu’on pouvait faire. Ce que la petite organisation auto-appelée « monde du jazz », qui étouffe volontiers son plaisir dans les figures de style, n’aime plus guère.

François Méchali s’était produit lors de ces mêmes années (le 25 mai 1976*), au studio 105 de la Maison de la Radio, en trio de contrebasses avec Beb Guérin et Jean-François Jenny-Clark. Ce concert fut le modèle de ce qui devint le premier disque nato, soit un duo Méchali-Guérin (JF n’étant alors pas libre) intitulé Conversations et enregisté le 6 septembre 1980 à Chantenay-Villedieu, deux mois avant le suicide de Beb.

Pour les trente ans de nato, donc, Xavier Prevost dont le sens de l'attention n'est pas une légende, a choisi (dans ce studio 105) de rendre hommage à Beb Guérin, ou plutôt de solliciter un rappel en invitant, seul, son partenaire de Conversations, François Méchali. À l’issue de ce solo, toujours à l’invitation de Xavier Prevost, Bruno Chevillon s’est joint à Méchali pour une quinzaine de minutes d’improvisation libre, respectueuse et respectable. A l’issue de cet échange, Chevillon rappela l’influence considérable qu’exerça Méchali sur son désir de musique, soulignant par là même le rôle discrètement fondateur de l’ancien membre du Cohelmec pour la scène française. Pour la seconde (ou troisième) partie de la soirée, le directeur du Bureau du jazz de Radio France a tout aussi simplement, en jolie logique aérée, convié le trio de Tony Hymas avec Bruno Chevillon et Eric Echampard, donnant ainsi le champ nécessaire à une soirée finalement très complémentaire (histoire et actualité encore) de celles du Dunois en début de mois. Concert à multiples conjugaisons, aux plans variés, en belle lisibilité d’où surgit en rappel le plus naturellement du monde (là où ça passe, là où ça se passe) un « Blue Monk » intimement significatif.

Diffusion sur France Musique ces samedis 6 et 13 novembre à 23h dans le cadre de Le bleu, la nuit... puis en écoute pendant un mois sur le site de la chaîne. Ces concerts ont été filmés en vidéo par une équipe de Radio France et seront visibles sur Dailymotion via le site de France Musique à partir du lundi 8 novembre pour le solo-duo de contrebasse(s) et du lundi 15 novembre pour le trio. Détail du programme radiophoniqueici

* précision apportée par Xavier Prévost

2 commentaires:

jjbirge a dit…

Bernard Vitet qui le considérait comme son frère avait souhaité que le second album d'Un Drame Musical Instantané, Rideau !, publié en 1980, soit dédié "à Beb".
Le jeune homme nous manque, son style inimité tout autant...

Anonyme a dit…

Un disque pour amoureux de la contrebasse