Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

18.1.18

DE NOTRE-DAME-DES-LANDES
LES AVIONS NE DÉCOLLERONT PAS



Nous n'aurons nul besoin de romancer, de romanteaser, d'idéaliser, Camille est un beau prénom pour les gars comme pour les filles.

En 2012, dans la forêt de Rohanne, alors que pelleteuses, bulldozers et tronçonneuses tentaient sous haute protection de s'attaquer aux arbres pour déblayer le terrain, face aux gendarmes une foule de toute sorte chantait et dansait entre deux tirs de grenades lacrymogènes : "et dans quatre ans les avions ne décolleront pas, et dans cinq ans les avions ne décolleront pas...". Et bien voilà, le projet de construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ébauché en 1963 - l'année de la mise en place du téléphone rouge, de la Marche sur Washington, de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, de la critique de l'URSS par Mao Tse Toung, de l'élection de Ahmed Ben Bella en Algérie, de l'intensification de la guerre du Vietnam, du procès Auschwitz, du jaillissement de l’île de Surtsey et de la mort de Tristan Tzara - est définitivement enterré. Selon donc la très saine et volontaire prédiction : "de Notre-Dame-des-Landes les avions ne décolleront pas".

Les agents de piste du pouvoir en auront essayé des choses! Des opérations César, des occupations policières, des coups tordus, des fake news, des intimidations, des emprisonnements, de la pédagogie d'opérette, des trahisons, des mises en scène du bonheur macabre étalonné, celui du "quand le bâtiment va, tout va" etc. jusqu'à un référendum, une de ces consultations électorales de bon spectacle telles qu'ils en fixent eux-mêmes les règles, rendues caduques de leur propre point de vue. À un certain moment, maintenant, à court, ils n'en puirent plus devant tant de résistance, devant tant de diversité de résistance, d'intelligence, de cette chavirante fécondité de l'esprit, de cette insistance de vie. 

En face, une grande conscience active et résonante, des gens si divers, de là et d'ailleurs, qui avaient compris de suite que lors du réveil, la meilleure source d'inspiration surgit brusquement du réel et de ses anamorphoses. Parfois à la peine, l'unité ne saurait être une valeur falsifiée. Quelque chose d'autre s'est trouvé, quelque chose de multiple, redoutable et joyeux. Et l'on vit la constitution d'un nous que l'on croyait parti sans laisser d'adresse.

Un philtre enchanteur a libéré le mot Zad de ses significations insensibles et renfermées (celles de ses cousins Zup ou autres Dpu) pour qu'il devienne un terme affranchisseur bouleversant les limites imposées. Dans les rythmes heurtés de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, même pour les visiteurs occasionnels, il est arrivé de réapprendre à être vivant.

La fin du sinistre projet n'est qu'un début, un premier couplet réussi d'un renversant chant perspicace qui délie l'inaccessible. Saisissons ces critères, si pratiquement poétiques, aux objets les plus variés. Retrouvons-nous bientôt.

Longue vie à la Zad !

Et merci ...


 Zad Song

Photo : B. Zon (Belleville le 17 janvier 2018 après l'annonce)

12.1.18

AGITATION FREE


En plus des brûlures, de mystérieuses secousses semblent
faire tourbillonner le quotidien du monde.
Il est si fréquent d'entendre quelque commentateur nous annoncer que
"les réseaux sociaux s'agitent".

10.1.18

NEZ RONDS DU NET

Nous devons vivre de façon permanente dans un grand incendie.
Chaque jour, il est une voix journalistique pour nous annoncer que
"les réseaux sociaux s'enflamment".

7.1.18

FRANCE GALL - JEAN-LUC GODARD

En 1996, France Gall, qui fut si réaliste, demanda l'impossible à Jean-Luc Godard (qui travaillait alors sur ces histoire(s) du cinéma), soit de réaliser un vidéo clip pour sa chanson "Là haut". Ce fut fait, mais la diffusion ne durera pas plus d'une journée (il existe différentes explications quand à son retrait). Se faire comprendre est-il impossible (Thomas Bernhard) ou alors comment dépasser les a priori incompatibles, les bandes à part, ou bien peut-être jusqu'où va la puissance d'une anecdote ?

4.1.18

LES MONDES DU DISQUE

Les Mondes du disque à Poitiers ! Soit un magasin tenu par disquaire de référence, Jean-Claude Bertrand. Un disquaire qui a, depuis 1988, accompagné, stimulé et réconforté la vie de nombres producteurs indépendants et offert tant de musiques aux unes, uns et autres. Dans le numéro 32 du journal Les Allumés du Jazz, Dominique Pifarély et Virginie Crouail l'avait interviewé sur son exemplaire parcours et ses points de vue lumineux sur la situation actuelle. Ce disquaire, vivant le disque comme forme artistique "à la fois une ivresse, et une mise en forme absolue"*, fermera ses portes ce premier semestre. Espérons que l'inspiration qu'il a su dispenser fera naître des vocations similaires pour que ce fameux disque - objet d'expression - puisse encore longtemps nous faire vivre ses mondes. Chapeau Jean-Claude et grand merci.

*À lire page 17 du numéro 32 du journal Les Allumés du Jazz : «Le chant du monde des disques » Interview de Jean-Claude Bertrand Texte de Dominique Pifarély et Virginie Crouail - Illustration de Zou

1.1.18

2018

Selon le calendrier fixé par Jules César, nous entrons donc aujourd'hui même dans une année dite nouvelle qui dure quelques jours. C'est donc le temps des vœux à plus longue échéance, puissions-nous nous lever.

Photo : B. Zon

30.12.17

L'ÉTÉ 2017 DE TONY HYMAS


Nous avions déjà évoqué sur ce Glob le concert de Tony Hymas le 25 juin à la CNT avec Hélène Labarrière, Simon Goubert et Jacky Molard. Ce petit mot se terminait par un "à bientôt" qui ne pouvait que présenter une petite suite. Une suite amicale avec un parcours fait de repères d'estime, des camarades de la CNT, du harpiste enchanteur Maël Lhopiteau, de l'ancien lecteur de Jazz Ensuite passionné et merveilleux bâtisseur, Robert Peyrillou, de la fée passeuse Hélène Le Saux, des amis complices infaillibles de Treignac, Thierry, Isabelle, Thierry, Anna, Flavien, de Benjamin, Olivier et tous les familiers de l'indispensable et régénérateur Magasin Général à Tarnac, du généreux et créatif illustrateur sonore Daniel Fanger et tous les siens et de bien d'autres. Lorsque l'on cherche un synonyme au mot "concert", on tombe sur une petite liste dans laquelle figure "fraternité". Ce sera donc la définition appropriée pour ce musicien familier, que l'on ne voit pas assez, entendu alors seul ou avec deux trios aux recherches motivées, tournées vers le monde, le premier évoqué plus haut (trio de quatre) et le second avec Catherine Delaunay et Simon Goubert. Comme une petite brise de mémoire, quelques notes du pianiste adressées alors. Seule ponctuation : un autre "à bientôt" souhaité proche.

"25 juin 2017. Concert à la CNT à la Parole Errante à Montreuil (Est de Paris). Un bon piano (Steinway) facilite une bonne interprétation de Léo Ferré pour la première moitié du concert. La seconde partie est avec Hélène Labarrière, que je retrouve avec plaisir et avec qui j'ai joué en décembre à Brest - nous sommes donc à jour -, et Simon Goubert pour un trio très stimulant devenant quartet avec Jacky Molard lorsqu'il nous rejoint pour les parties espagnole et lakota. Son violon est magnifique pour Cant del Ocells (Jacky apprend vite!). Nous avons tous répété chez Simon et Sophia en début d'après-midi avant le concert, pas très loin, en y ayant bien déjeuné. Que de bonnes vibrations d'autant plus que les gens de la CNT étaient vraiment gentils et compétents. Nous avons convenu que ce trio avait de bonnes raisons de persister."

"26 juin 2017. En route (en TGV) vers la Bretagne à Redon pour un concert chez Maël Lhopiteau et Gaïa. Encore une fois le répertoire de Léo Ferré. Maël et Gaïa habitent un petit village (très petit), endroit parfait pour élever les enfants. Oh, et quand il ne joue pas de la harpe, Maël est un sacré adepte de la menuiserie".

"18 juillet 2017. Train vers Souillac - Festival - pour jouer Ferré - dans la grotte de Lacave - une grotte bien éclairée bien sûr (note : proche de la demeure du Lot de léo Ferré). (Il y a traditionnellement un concert dans cette grotte dans chaque édition de ce festival festival). Impossible d'avoir un vrai piano là-bas mais un Nordstage 2 EX est suffisamment proche. Belle atmosphère et bon concert. Marie-Christine Ferré était là et en a dit des choses touchantes.

"20 juillet 2017. Un peu de tourisme dans le sud Corrèze et le nord du Lot avec Jean Rochard, son fils Léo et Christelle au volant - en soirée retour au festival de Souillac pour voir Das Kapital (avec Daniel Erdmann, Hasse Poulsen et Edward Perraud) - voilà un véritable groupe (trio) ! - il fait fi des frontières - certainement pas du easy listening (selon quelques spectateurs), mais pas un millimètre à changer, c'est tellement vivant !"

"22 juillet 2017. Farniente Festival à St Nazaire - le concert aurait dû avoir lieu à Saint Marc sur la plage de Monsieur Hulot, mais la météo ne fût pas coopérative. À la place ça eut lieu dans un hangar ouvert sur le port de Saint Nazaire où j'eu la tâche de jouer en piano solo (Nordstage encore) pour un public debout - donc pas de concertos hein! - une heure avec un répertoire assemblé en fonction des réactions et aussi de personnes et d'éléments présents - intéressant - le vent n'atténua pas une chaleureuse réception. François Corneloup et Julia Robin en vacances dans le coin sont venus. Ensuite vint le temps d'écouter mon ami Jean-François Pauvros avec Antonin Rayon et Erick Borelva - un trio fascinant. Ils m'ont invité à jouer avec eux et à engager un duo avec Antonin (mais comment fait-il ces sons avec un Hammond et un Clavinet !?). Extraordinaire soirée se terminant par le set de MoE - un autre trio - qui ne fait pas non plus de prisonniers - extrême - est ce punk? - pas sûr, ils jouent tous vraiment bien - je ne peux pas dire exactement quel est le message mais ils signifient chaque mot, chaque note - achetez l'album!"

"8 août 2017. En vacances dans la région, ce qui tombe bien pour un concert au fameux Magasin Général de Tarnac. Un trio tout neuf avec Catherine Delaunay et Simon Goubert - avant de se voir, on a tous échangé des mp3 et des partitions auparavant - chimie immédiate à 3 - j'avais improvisé au Mans avec Catherine l'année précédente (aux Allumés du Jazz) et savait que ça prendrait. Simon et moi sommes déjà de vieux complices."

"9 août 2017. Même groupe (donc cette fois avec plus de répétitions) - une semaine après Kind of Belou - au Café du Commerce à Treignac - super! - je dis à Jean "nous voilà avec deux bons trios, c'est sans embarras et joyeux". Voilà de quoi préparer l'année prochaine."

"13 août 2017. Fay-sur-Lignon - pour jouer Ferré - formidable parcours à travers les montagnes d'Ardèche pour y parvenir (pas assez de temps pour le Mont Gerbier - zut !).  Très chouette centre culturel (Ferme de Mathias) et une bonne équipe pour un concert apprécié. "

"14 août 2017. Retour en Angleterre la tête pleine de formidables souvenirs."

Sur le Glob : Tony Hymas, Hélène Labarrière, Simon Goubert, Jacky Molard à la CNT


Photographie / B. Zon (Hymas, Delaunay, Goubert devant le Magasin Général de Tarnac - Corrèze)