Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

14.5.17

TOUJOURS PLUS FORT

Bon, c'est vrai que ça fait Monsieur Muscle, mais est-il vraiment obligatoire de faire toujours plus fort que son prédécesseur ?
Les assignations à résidence d'opposants, la criminalisation de l’action syndicale, les détentions arbitraires de manifestants, la nouvelle loi pour étendre l'utilisation d'armes à feu par la police, la répression policière accrue, son impunité en cas de crimes, la généralisation du renseignement pour les personnes, le projet de déchéance de nationalité, les suppressions de postes dans les hôpitaux, à EDF, Air France, SNCF, Alstom, le bradage d'aéroports, la loi travail, les suppressions de lits dans les hôpitaux, la prolongation des concessions autoroutières, la loi Rebsamen, la baisse des APL, la hausse phénoménale du nombre de SDF, l'amputation du budget de Pôle emploi, l'amnistie totale pour les banques, la diminution du budget de protection sociale, les 900 millions d’euros de réduction d’impôts pour les plus riches etc. etc.
Le fiston adoptif héritier qui a déjà participé à tout ce fourbi va-t-il faire encore plus fort que son tuteur ?


Photo : B. Zon

12.5.17

SI LUDWIG SE JOUE DE L'EMPIRE,
QUI EMPIRE NE PEUT SE JOUER DE LUDWIG

En 1804, Ludwig Van Beethoven entra en rage lorsqu'il apprit la proclamation de l'empire par Napoléon Bonaparte. Il composa d'ailleurs plus tard La bataille de Vittoria (titre français gêné aux entournures, l'appellation d'origine étant Wellingtons Sieg, op. 91), pièce célèbre parce qu'elle raillait l'Empereur et parce qu'elle est considérée comme la première œuvre de musique écrite introduisant dans la partition des objets sonores (canons, mousquets etc.) en plus des instruments de lutherie, ce bien avant Russolo. On s'étonnera donc qu'au XXIe siècle un Napoléon (pour l'instant) en herbe  (pyramidale) ait l'idée de s'auto-introniser au Louvre dans le domaine des rois, sur une symphonie de  de Ludwig Van Beethoven. Cocktail d'ignorance et d'imposture en forme d'annonce ?

3.5.17

JIDÉHEM

Jean De Mesmaeker alias Jidéhem n'est plus. Créateur de Ginger en 1954, il rejoint l'équipe de Spirou en 1957 et devient de suite l'inséparable compagnon de Franquin qui lui confie volontiers certains des premiers strips de Gaston Lagaffe. La complémentarité est idéale. Jidéhem dessinait les voitures comme personne et c'est encore lui qui les croque dans bon nombre d'aventures de Spirou et Fantasio. Dans un monde de BD bien trop mâle, il fait apparaître en 1964 Sophie, héroïne qui vivra une vingtaine d'aventures. Le patronyme de Jidéhem, lui, deviendra célèbre grâce à la création par Franquin d'un inutile businessman et ses contrats impossibles à signer. Signe des temps.

1.5.17

ARAM PÉCHINE

Ce matin de 1er mai sur France Inter à 8h55, le sketch honteux (aussi inspiré qu'un numéro raciste de Pierre Péchin) de Sophia Aram (qui s'empresse bien sûre de dire à la fin que ses enfants à elle ne parlent pas comme ça) ridiculisant la jeunesse qui cherche avec ses moyens parce qu'elle étouffe, qui réfléchit autrement que ses ainés, qui se révolte comme elle peut, qui n'accepte plus, qui pourrait aussi nous amener à repenser notre propre enlisement, en dit long sur les raisons même de l'état de délabrement où nous sommes arrivés et de ses responsables.

Image : Semeur à la volée par Vincent Van Gogh, peintre de conviction

30.4.17

EN PASSANT

Il est sans doute inutile d'ajouter de commentaires à la très orchestrée, auto-orchestrable, frénésie pré-deuxième tour électoral, tant celle-ci ressemble à tout sauf à un débat ou à une réflexion constructive sur le monde que certains des plus jeunes d'entre nous rêvent vraiment hors des sinistres déjà-vu. Avant de s'interroger sur qui sera encore vraiment là le 8 mai pour faire face à la suite, on notera simplement les intolérables commentaires ultra sexistes (sur l'âge, le physique, le vocabulaire "cougar" "poufiasse"...) à l'encontre de Brigitte Macron ou Marine Le Pen (comme ce fut le cas pour Ségolène Royal aussi - il y a suffisamment de choses à dire sur les deux systèmes incarnés par les candidats finalistes sans aller sur ce terrain nauséeux) ou les indignes insultes déversées continuellement envers les abstentionnistes dont bon nombre n'ont certainement pas à recevoir de leçon sur l'action réelle à mener contre le fascisme et l'ultra capitalisme pour s'y opposer d'esprit et de corps tous les jours et non tous les cinq ans.

27.4.17

NAGUI RÉGULATEUR DÉMOCRATE
Sans rigoler

Ainsi l'animateur radio-télé Nagui, celui qui estimait en juin 2016 que travailler dans la radio publique c'était « du bénévolat – on ne peut pas parler de salaire, c’est du défraiement », a censuré un des humoristes de son émission quotidienne, Pierre-Emmanuel Barré, au motif qu'il faisait dans un sketch l'apologie de l'abstention se concluant par « Je sais pas qui va gagner le 7 mai, mais je peux vous dire qu'il y aura 65 millions de perdants ». L'animateur s'est défendu « Mais non, ce n’est pas de la censure, surtout par rapport à la vraie censure qui risque d’arriver si Le Pen passe. Je suis sidéré qu’on banalise le fait que le FN soit au premier tour, qu’il n’y ait pas eu de manif ». Nagui, animateur habitué des manifs antifascistes donc (on cherche les traces pénélopiennes de sa présence à Bastille dimanche soir après l'annonce des résultats du premier tour). C'est tout simple et déjà éprouvé : pour éviter la censure : une autre censure. L'abstention qui a largement dépassé en nombre tous les autres votes n'est certes pas une masse homogène, mais ni plus ni moins que les autres groupes. Ses représentants n'ont pas de droit de cité. Marion Maréchal Le Pen, qui s'y connaît en extrême droite, disait récemment : « L'abstention ne bénéficie pas au Front national ». Pas très sensé ces histoires de censure !